La réalisation et la conclusion.
MAJ 11/01/2007: Le réservoir
MAJ 15/01/2007: Montage final et fin de l’aventure
Suite au premier article dans lequel je décris le processus de conception de ma future Watercase, voici (enfin) la tant attendue phase de fabrication.
J’avoue, j’ai un poil de retard sur mon planning initial. L’objectif premier était de finir avant les fêtes de fin d’année. C’était, il est vrai, un brin présomptueux de ma part que d’espérer pouvoir faire ça à la veille des fêtes. Bon, maintenant qu’on a repris nos esprits on peut attaquer pour de bon!
Etape Numéro 1 : Générer les plans de réalisation.
Chose relativement aisée avec les logiciels comme Solidworks. A partir des modèles 3D on peut sans trop de soucis créer des mises en plans avec cotation et tout ce qu’il faut.
Donc voilà ce que ça donne:
Mise en plan PDF – Watercase
Mise en plan – Reservoir
Bon c’est très sommaire, mais c’est amplement suffisant pour la suite. L’important c’est de bien y faire figurer les dimensions importantes pour la découpe des panneaux et pour les perçages.
Mais autant vous le dire tout de suite, il y a eut des ajustements et modifications de dernières minutes, par soucis d’aspect pratique. Ainsi le perçage servant à l’arrivée d’air ne fera pas 110mm de diamètre mais 95mm car je n’avais pas de scie-cloche plus grande à ma disposition. De même l’ouverture rectangulaire sur le dessus pour l’extraction de l’air chaud ne sera pas rectangulaire mais circulaire et du même diamètre que l’arrivée d’air (95mm), pour des raisons évidentes, vous l’aurez compris.
Etape Numéro 2 : La fourniture du matériel
Pour cela on commence par faire le tour des magasins de bricolage du coin, pour avoir le nécessaire:
1 plaque de contreplaqué 10mm de 1m*1m
2 plaques de « simili-plexi » 5mm de 250mm*500mm
Tuyau transparent, diamètre interne 10mm (2 mètres)et un petit morceau en diamètre interne 8mm (nous verrons plus tard pourquoi)
Colle transparente bi composants pour plexi-verre à séchage rapide
Tube de joint silicone
4 roulettes qui feront office de pieds pour la boite
1 poigné pour soulever et transporter la boite
1 interrupteur encastrable pour commander la pompe
etc.
Niveau raccords pour tuyaux je vais réutiliser ceux qui sont déjà en place dans mon watercooling, spécifiquement ceux du réservoir. Je les mettrais donc au dernier moment vu qu’il faut que je démonte l’existant pour cela. J’ai quand même du me trouver un raccord rapide plug & cool qui servira à relier la sortie de la pompe au passe-cloison du réservoir, me permettant de démonter celle-ci aisément. Mais ce type de raccord se trouve surtout pour du tuyau de 10mm externe, c’est pourquoi je dois passer par une petite réduction et un petit bout de tuyau diamètre 8mm interne. Cela aura une petite incidence sur le débit de mon watercooling, mais compte tenu de la charge déjà importante de mon circuit ça sera négligeable.
Etape Numéro 3 : La découpe
Pour découper du contreplaqué, rien ne vaut une bonne scie circulaire. Avec ça, c’est vite fait et surtout c’est bien droit. Il ne reste plus qu’à tester rapidement en faisant un prémontage précaire.
Pour le simili-plexi, ben on fait pareil: avec la scie circulaire ça va très bien, il faut juste avancer la pièce à la bonne vitesse pour éviter d’avoir trop de bavures de plexi fondu. Voilà le résultat.
Une fois la découpe des pièces faite on va procéder au perçage des trous. Vous noterez sur les plans que les côtes ne sont pas vraiment rondes, sur le coup j’ai utilisé des valeurs arrondies par soucis de simplicité, après tout ce sont des tuyaux souples que j’utilise.
J’ai aussi fait les perçages qui ne sont pas sur les plans tels que ceux qui vont permettre le passage des câbles électriques (alimentation de la pompe et des ventilateurs).
De plus j’ai ajouté un petit plus par rapport à la conception initial (ceux qui ont suivi ont du le voir dans l’étape N°2): un interrupteur encastrable tout ce qu’il y a de plus banal. C’est donc un « petit trou » supplémentaire destiné à l’ accueillir qui a vu le jour. Les griffes de maintien de ce type d’interrupteur demandent plus que les 10mm d’épaisseur de mon contreplaqué, ainsi ais-je ajouté deux petites cales pour cela. On voit sur cette photo le panneau avant de la boite avec tous les perçages, les serre-joints maintiennent les cales, qui sont des simples chutent de la découpe, que j’ai collé à la colle à bois.
Etape Numéro 4 : L’assemblage de la boite
Etape fatidique, c’est là qu’on voit si on a bien travaillé jusqu’à présent. Pour fixer tout cela on va faire dans la vis à bois classique en utilisant les précieux serre-joints d’angle histoire d’être sûr que tout soit bien d’équerre.
Une fois les panneaux solidement fixés ont passe aux accessoires: les roulettes et la poigné
Hop, une watercase à roulette … et avec une poigné
Il me manque encore un système de fermeture pour le couvercle, ce seront de simples crochets de fermeture.
Voilà une série de photo montrant la boite sous tous les angles:
Photo 1
Photo 2
Photo 3
Photo 4
Photo 5
Photo 6
Photo 7
Photo 8
Photo 9
(Note: les photos ont été prises avec un téléphone portable, ce qui explique la piètre qualité)
Donc voilà, il m’aura fallu environ 3 heures pour monter la structure de la Watercase, une grosse partie du travail est faite passons à la suite.
Etape Numéro 5 : L’assemblage du réservoir
Pour commencer il s’agit de percer et faire les quelques découpages dans le polycristal. Niveau perçage rien de méchant, juste de quoi placer les passe-cloisons pour les raccords, donc deux trous de 20mm et voilà. On aura aussi un petit trou pour le passage du câble électrique de la pompe ainsi que 4 perçages pour les vis de maintien du couvercle.
La découpe concerne la partie supérieure du réservoir. Pour cela rien ne vaut un Dremel avec l’outil scie circulaire (le truc au centre de la photo). Une fois la découpe faite ça donne ça:
Partie supérieure et couvercle
Ne vous affolez pas sur la finition très approximatif, c’est « voulu », en fait vu que la boite sera cachée derrière un meuble je ne prends pas particulièrement le temps de faire les choses « joliment ». L’important est l’aspect fonctionnel, pas le visuel. Sur la photo on remarque l’emplacement prévu pour le joint du couvercle. Initialement j’avais prévu d’utiliser une série de joints toriques, mais je me suis heurté à des difficultés pour maintenir les joints en place le temps que la colle prenne, je vais donc placer une petit bourrelet de joint silicone.
Mais passons au collage des pièces du réservoir, pour cela je n’ai rien trouvé de mieux que la colle Epoxy Bi composants. On met un peu de colle sur un carton, on mélange les deux composants, puis on applique sur les parties à encoller. On peut aisément corriger en cas d’erreur, mais en quelques minutes c’est sec au touché (comptez une journée pour que ce soit totalement sec) et manipulable. Avantage, on peut l’utiliser pour combler des vides de part la consistance légèrement pâteuse du mélange, cela donnera un premier gage d’étanchéité.
Pour le plexi certains ne jurent que par le collage au Chloroforme, j’ai pour ma part essayé sur mon premier réservoir. Sans parler des difficultés pour se procurer le liquide, la manipulation est autrement moins aisée! Le chloroforme colle en faisant fondre les pièces, c’est quasiment immédiat et ne tolère que peu l’erreur, de plus la moindre coulure et c’est la trace indélébile garantie. Bref j’en suis revenu, la colle Epoxy est au final bien plus pratique et tout aussi efficace. Il n’y a guère que sur l’aspect final que le chloroforme peut se justifier. Avec ce dernier, pour peu qu’on soit très soigneux, on obtient un collage parfaitement propre et sans trace (il n’y a pas de matière rajoutée en fait). C’est aussi possible avec la colle pour peu qu’on prenne bien le temps d’essayer le surplus de colle. Mais là non plus je ne prendrais pas forcément le temps de la faire pour les mêmes raisons que mentionnées au-dessus.
Voici une série de photos qui montre les phases de séchage de la colle:
Photo 10
Photo 11
Photo 12
Photo 13
Une fois tout cela bien collé, j’ai laissé sécher 24 heures, Pour ensuite attaquer la partie étanchéité, afin de garantir cette dernière malgré la colle qui normalement suffit à elle-même j’utilise du joint silicone que j’étale du bout des doigts. Ainsi j’en badigeonne les angles intérieurs, mais aussi l’extérieur du réservoir … pour être sûr. Alors forcément ce n’est pas super joli à regarder, mais bon hein … tant pis.
Donc voilà le réservoir presque terminé:
Photo 14
Photo 15
Gros plan sur les bourrelets silicone qui fait joint du couvercle (Photo 16)
Je dis presque fini car bien sûr il faudra encore placer les raccords puis la pompe. Mais pour ces premiers cela se fera à la dernière minute vu que je récupère ceux qui sont en place dans mon réservoir actuel. En attendant j’ai commencé des petits tests d’étanchéité mais vu la configuration du réservoir et sans les raccords ce n’est pas évident (maintenant que j’y pense, j’aurai du faire les trous des raccords à la dernière minute aussi ….). Enfin bref ….
Etape Numéro 6 : Le montage Final
Donc voilà, la boite est prête, le réservoir est prêt, il ne reste plus qu’à démonter ce qui est dans le PC pour récupérer les éléments nécessaires (embouts et passes-cloisons, Ventilo+Radiateurs) et finaliser la Watercase.
Pour le coup tout c’est presque bien passé, oui seulement « presque » … car tout n’est pas parfait dans le meilleur des mondes, comme nous allons le voir.
Au début tout collait parfaitement bien, le réservoir, la pompe etc. tout est bien rentré. Mis à part que j’ai du abandonner l’idée d’utiliser un raccord Plug&Cool pour la sortie de la pompe: la faute au manque de place pour placer le raccord rapide et la réduction de diamètre pour pouvoir l’utiliser. Qu’à cela ne tienne, c’est tout à fait jouable avec un raccord cannelé PVC qui me restait.
Après un court test, tout se passe bien et le réservoir semble parfaitement étanche. Je décide donc d’installer l’ensemble ventilateurs-radiateur, et là c’est le drame: Pour une raison que j’ignore toujours il manque un bon centimètre pour glisser le radiateur ! A l’heure actuelle je n’ai toujours pas trouvé le pourquoi du comment, j’ai beau vérifier mon modèle solidworks, il y a un centimètre qui se balade quelque part…
Alors là on se dit: « Mais comment a-t-il fait au final? Une nouvelle boite ? »
Et bien sur le coup j’ai improvisé et j’ai purement et simplement découpé dans le panneau latéral de la boite pour pouvoir y glisser le radiateur (cf. photo 18, en bas).
Si j’ai finalement réussi à tout placer cela se fait au détriment d’une des caractéristiques de la Watercase: le silence. En effet, même en découpant le panneau la place était « juste », car le centimètre manquant se calcule plutôt en 2×0.5cm (0.5cm de chaque coté du radiateur). De fait le radiateur et le réservoir se trouvent littéralement enchâssés dans la boite, sans le moindre millimètre de jeu. Or un minimum de jeu était nécessaire autour du réservoir afin de placer des éléments isolants contre les vibrations. Car malgré le fait que la pompe soit immergée elle transmet toujours ses vibrations (malgré la présence d’un pad antivibration) au réservoir, et l’idéal était d’isoler le réservoir de la boite en bois au maximum, ce que je n’ai pas pu faire. Résultat : ma Watercase s’est transformée en véritable caisson de résonance… Pour le coup du silence on repassera plus tard.
Ajoutons à cela le fait que de toute évidence le rotor et la turbine de ma pompe commencent à rendre l’âme, ce qui n’arrange rien en matière de vibration, et je me retrouve actuellement avec un watercooling légèrement plus « pénible » qu’auparavant.
Mais tout n’est pas noir, malgré ce défaut qui va rapidement être corrigé, la Watercase s’avère très bénéfique.
Pour commencer: les performances en matière de refroidissement: J’ai tout simplement gagné une poigné de degrés Celsius sur les différentes températures telles que CPU, chipset, eau, ambiant de la tour et disques durs. Le fait de ne plus avoir le radiateur d’eau dans la tour a clairement été bénéfique. Si le CPU n’est pas celui qui en bénéficie le plus (le radiateur aspirait déjà de l’air frais), ce sont les températures ambiantes qui ont littéralement plongées. Normal étant donné que le radiateur n’est plus là pour chauffer l’intérieur de la tour.
Ainsi je peux même me permettre de couper totalement le ventilateur d’extraction d’air de la tour, ce faisant je retrouve des températures de composants équivalentes à la configuration précédente, mais avec un ventilateur en moins et donc encore moins de bruit!. Il ne reste plus que le ventilateur de l’alimentation dans ma tour, et ce dernier étant réglable je le mets au minimum syndical.
Il me suffit donc de régler le problème des vibrations de la watercase pour éliminer définitivement toute notion de bruit de mon PC.
Autre aspect fortement positif de la Watercase: la maintenance. Tout est bien plus aisé dorénavant. Le remplissage du circuit se fait en deux secondes. Si je dois intervenir au niveau de la Watercase j’ai juste à déconnecter cette dernière sans avoir à vidanger tout le circuit (waterblocks etc.). Idem pour le PC, l’éventuel remplacement d’un waterblock sera facilité, plus besoin de vider le réservoir et de faire attention à la pompe. Et comme vous aller le voir sur les photos qui vont suivre, ça fait de la place dans la tour: j’ai dorénavant beaucoup plus d’aisance pour intervenir à ce niveau là.
Voici les quelques photos que j’ai prises, il n’y en a pas beaucoup car du fait des légers soucis que ça m’a causé je n’ai pas pensé à flashouiller toute les 30 secondes.
Photo 17 : Le PC avant démontage
Photo 18 : La watercase (voir le bas de la photo, la découpe)
Photo 19 : le raccordement PC <=> Watercase
Photo 20 : Le PC après l’arrivée de la Watercase
Donc il me reste à résoudre mon problème de pompe et de vibration. Pour cela j’ai déjà prévu de refaire une boite en corrigeant les dimensions (ne serait-ce que pour ne plus avoir la découpe au niveau du radiateur), mais le plus important étant que je vais changer de pompe. Après avoir regardé un peu quel modèle j’allais prendre, je n’ai pu que constater que ça ne me reviendra pas beaucoup plus cher d’acheter une pompe avec son réservoir que d’acheter la pompe seule et de refaire un réservoir plus adapté. De ce fait je bénéficierai d’une meilleure qualité de fabrication et d’une certaine assurance quant aux performances globale de l’ensemble. C’est donc une pompe Eheim Compact 1000 et son réservoir Alphacool qui sont dès à présent en commande et que j’attends pour les jours qui viennent.
L’avantage est que le réservoir en question est plus petit que le mien, je vais donc pouvoir l’utiliser avant d’avoir refait la boite en bois, et donc profiter de ses bienfaits très rapidement.
Et bien sûr c’est là qu’on se sent légèrement idiot, car on se dit que si on avait tout de suite fait ça on aurait économisé pas mal de temps et d’efforts (ainsi que de l’argent pour le polycristal et la colle) à ce niveau là. Qu’à cela ne tienne, ça reste tout de même plus gratifiant de le faire soi-même… et après tout ce n’est pas le réservoir qui est en cause dans mon affaire.
Un petit mot sur le branchement électrique: La pompe est donc reliée à un banal interrupteur, ce qui me permet de la stopper relativement aisément. Pour les ventilateurs, j’ai tout simplement fait un petit câble partant de mon rhéobus vers la watercase, en parallèle aux tuyaux d’eau. Bien sûr j’ai prévu de pouvoir le débrancher en ayant placer une petite prise Molex sur l’avant de la Watercase, cette prise distribuant ensuite vers les deux ventilateurs. Je peux ainsi contrôler les ces derniers depuis la façade de mon PC, comme avant. L’idéal serait de tirer une sonde de température jusqu’à la watercase, pour connaitre la température d’eau, mais ce n’est pas à l’ordre du jour étant donné le peu d’intérêt que cela représente au final.
La fin de l’histoire
Donc voilà, je considère cet article comme terminé malgré ce qu’il me reste encore à faire (nouvelle boite, nouvel ensemble pompe-réservoir). Le but de ces articles était surtout de montrer le processus de réflexion, la conception et même les erreurs qu’il peut y avoir malgré toutes les précautions prises. Peut-être que cela en motivera quelques uns, peut-être que ça donnera des idées à d’autres ou que sais-je … j’espère tout simplement que ça aura montré à tout un chacun que le Watercooling et ses bricolages n’ont rien de bien extraordinaire et que n’importe qui peut s’y mettre. Et comme je le disais dans un précédent article au sujet du Watercooling, c’est bien plus qu’un simple système de refroidissement, et là on voit bien qu’on s’adresse plus aux bricoleurs du dimanche (qui sont de plus en plus nombreux par chez nous) qu’aux informaticiens purs et durs.
PS: Je mettrais tout de même quelques photos une fois que j’en aurai totalement fini avec cette histoire, et donc que j’aurai fait la nouvelle boite et installé la nouvelle pompe.











chicour-59 says:
ta du courage toi
moi j’ai trop la flemme pour même envisager ca XD
15th janvier 2007 at 12 h 59 min
chicour-59 says:
bravo encore :jap:
15th janvier 2007 at 15 h 30 min
Angie says:
Chapeau … Une fois de plus, patience et déterlination mènent à beaucoup de choses … Bonne chance pour les problèmes qu’il reste à résoudre
15th janvier 2007 at 23 h 32 min
Ronan says:
bonjour! j’aurai voulu avoir un peu plus de précisions sur ton système de waterblock pour tes DD.
Aurais-tu un lien qui explique comment les fabriquer?? Je te remercie d’avance!
15th janvier 2007 at 22 h 25 min
Le_Poilu says:
Le waterblock pour les HDD n’est pas de ma fabrication mais d’un forumeur croisé sur le site Nokytech.net. Voici le topic de sa réalisation: http://www.nokytech.net/forum/showthread.php?t=21394 Et si ça t’interesse voici le topic de la boite que j’ai concçu pour acceuillir ce Waterblock: http://www.nokytech.net/forum/showthread.php?t=24008
15th janvier 2007 at 23 h 40 min