C’est la crise… des relations humaines.

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Posted on 24th octobre 2008 by Le_Poilu in Le Monde d'aujourd'hui et de demain

Tout fout le camp, même l’essentiel.

Ce matin, sur mon vélo, je me suis fait insulter pour la deuxième fois en deux jours. Un parisien vélophobe viendra peut-être me dire « Tu as du le chercher, bien fait! ». Ben oui mais non, et bien sûr ce n’est ni la première fois, ni la dernière.

Le problème c’est que je constate que le premier reflexe des gens c’est devenu d’insulter, avant de réfléchir puis éventuellement de parler.
Par exemple, hier, je circule normalement sur une piste cyclable « propre » (donc qui n’est pas une voie de circulation automobile). Mais la piste cyclable c’est aussi le trottoir, donc je suis amener à y croiser des piétons. Les deux zones sont clairement distinguées par des traits et des pictogrammes au sol, ainsi que par des panonceaux. Mais forcément les piétons n’y prêtent pas attention et ont la fâcheuse tendance à oublier que sur une piste cyclable il risque d’y avoir des… cyclistes. Donc hier je me suis retrouvé dans le cas assez courant où une personne promène son chien dans la configuration somme toute logique où le chien est à droite et la personne à gauche… entre les deux la laisse de rigueur.
Là s’offre à moi deux solutions : Utiliser la sonnette pour prévenir mon arrivée ou calculer un passage « en douce » (donc sans heurter ni le passant ni le chien, évidemment).
Apriori, la solution la plus logique semble être la première. Malheureusement en pratique, l’expérience me dit que c’est loin d’être le cas.
Primo dans 80% des cas, les gens ne réagissent pas, où alors vous êtes juste derrière eux en train de vous excité comme un malade sur la sonnette. Et dans ce cas ils vous regardent de travers parce que vous « osez les brusquer » (c’est de ma faute s’ils sont sourds ??).
Les 20 % restant se divisent en trois grandes catégories:
- Celui qui se retourne, vous voit arriver, mais fait comme si vous n’existiez pas : Assez rare mais super pénible
- Celui qui se retourne mais il lui faut 3 plombes pour réagir, se pousser et finalement faire l’inverse de ce à quoi vous vous attendiez : le cas le plus fréquent.
- Celui qui réagit tout de suite en se mettant du coté où il semble le plus logique qu’il aille : On en a parfois mais c’est rare.
Et je ne parle pas des groupes, où cela génère souvent un petit bordel, l’un vous voit et se bouge, mais pas l’autre qui se décale dans l’autre sens ne comprenant pas la manœuvre de son ami, etc.

Résultat j’en suis venu à n’utiliser la sonnette que quand vraiment je n’ai pas le choix, c’est-à-dire quand je n’ai vraiment aucune solution pour passer sans gêner.
Il se trouve que hier c’était le cas, en serrant un peu dans les buissons je pouvais passer, dont acte. Malheureusement cela n’a pas plu et c’est quasiment instantanément que je reçois un beau juron bien de chez nous. A noter que je n’ai ni touché la personne, ni le chien (qui n’avait même pas remarqué ma présence avant que je passe devant lui). Pour la peine je me suis donc arrêté, histoire d’expliquer à la dame en question qu’il y a d’autres manières de se manifester qu’en insultant les gens d’entrée. Elle me reproche de ne pas avoir fait jouer la sonnette, me disant qu’elle veille toujours à se mettre de coté etc. Je lui explique alors la même chose qu’à vous, la discussion est brève, cordiale, mais suffisante pour se dire que même si mon attitude n’est pas parfaite (je fais au mieux à chaque situation, c’est-à-dire plusieurs fois par jour) cela ne justifiait en rien de se faire insulter.

Ce matin c’est un automobiliste qui n’a pas supporté de devoir s’arrêter à cause de moi. Le pauvre a du perdre au moins 3 secondes de son précieux temps.
Le problème des pistes cyclables dites propres c’est qu’elles croisent forcément des rues, au niveau des intersections, qu’il faut traverser. A ces endroits là vous avez souvent un passage piéton, et le passage pour la piste cyclable. Ceux qui ont le code de la route savent parfaitement qu’un piéton est prioritaire, mais allez savoir pourquoi là ils mettent une perte de priorité pour les cycles. Pire, là où des feux tricolores sont installés il y a un feu pour les piétons et un autre feu pour les cycles. Ce dernier ayant son propre rythme et est indépendant du feu piéton. Pour schématiser le cycliste a le droit de passer sur une période de 5 secondes par minutes, là où le piéton en aura 30.
Je peux vous assurer que quand vous en avez plusieurs qui se suivent comme ça (sans la moindre synchronisation), vous en avez vite assez de devoir vous arrêter, mettre pied à terre, attendre, relancer le vélo etc. Déjà qu’on fait l’effort de prendre le vélo plutôt que la voiture, voilà qu’on est pénalisé !
J’ai calculé que sur cette portion si je devais respecter stricto-sensu le code je mettrais au moins trois fois plus de temps, sans même parler du côté pénible de la chose. De fait je m’arrange toujours pour avoir à m’arrêter le moins possible (kit à faire un léger surplace en anticipant un peu) tout en préservant au maximum l’aspect sécurité. Hors de question d’aller se jeter sous une voiture.
Pour en revenir à mon automobiliste, nos routes ce sont croisées à l’occasion d’une de ces intersections. Il venait en face de moi (rue à sens unique que la piste « descend ») et tournait dans la rue que la piste traverse. Je l’ai vu, il m’a vu (je suis en face de lui, impossible de me louper), il doit forcément ralentir fortement pour prendre son virage, mais j’estime arriver trop tard pour pouvoir passer devant lui. J’adapte donc mon allure et ma trajectoire pour pouvoir traverser (sans avoir à m’arrêter) une fois qu’il sera passé. Manque de bol le gars a certainement cru que j’e voulais me jeter sous ses roues, et s’arrête en plein milieu du passage piéton. Je me retrouve donc à viser sa portière arrière qui n’aurait plus du se trouver là (c’est dire que j’étais déjà loin de pouvoir passer sur le capot). Comme une autre voiture arrivait ensuite, je n’ai pas d’autre solution que de manœuvrer pour lui passer devant.
Première chose que j’ai entendue? A nouveau un beau juron bien de chez nous, suivi d’une explication sur l’existence d’un « Céder le passage ». C’est un peu couillon dans la mesure où justement j’avais prévu de lui céder le passage et que c’est lui qui s’arrête devant moi. Mais à nouveau je constate que le premier reflexe c’est l’insulte pure et simple.

Tout ça pour dire que je trouve désolant que dans notre soi-disant civilisation la  moindre contrariété est ponctuée par une insulte immédiate. On ne se donne même pas quelques secondes pour essayer de réfléchir au contexte, on insulte d’abord, après on parle peut-être (je dis bien peut-être parce que souvent ça monte en sauce plus vite que le lait sur le feu).

Comment a-t-on pu en arriver là au point de rejeter totalement nos propres congénères ? Est-il donc irrémédiable que les relations humaines se dégradent de la sorte?
Le monde ne se porterait-il pas un peu mieux si au lieu de s’insulter on cherchait à se comprendre ? Bien sûr que oui, mais cela demande un minimum d’effort que beaucoup ne semblent pas résolus à fournir.

Je ne dis pas que le monde serait meilleur, que ça résoudrait la faim dans le monde et mettrait fin à des guerres (quoi que, ça pourrait éviter d’en commencer déjà…), mais ce qui est sûr c’est que ça le rendrait un peu moins désagréable à vivre.
Ne pensez-vous pas que vous vous sentiriez mieux si vous n’aviez pas été insulté, apriori sans raison, par un inconnu ce matin ? Et vu que vous vous sentiriez mieux, surement n’auriez vous pas à votre tour insulté ce soir un inconnu que vous avez croisé … Si vous voyez où je veux en venir.

Comme pour tout dans notre monde, ce sont des petits rien qui peuvent changer les choses, à conditions que chacun y aille de son petit rien.

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